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Metropolis bleu: premiers frissons 19/04/2012

Posted by closeille in Metropolis bleu.
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METROPOLIS BLEU :

Premiers frissons

Je n’ai jamais été victime d’intimidation. Bien sûr, il y a bien eu quelques injures de mômes qui fusaient parfois dans la cour de «récré» au sujet de ma taille imposante, mais rien qui puisse se comparer à l’enfer que vivent certains gamins, victimes de plus grands, de plus forts, de plus cons ou de plus désespérés. Je n’ai pas non plus lu le livre de Katia Gagnon, La réparation, qui traite de ce fléau. Et pourtant, je me retrouve dans cette petite salle froide où seules quelques personnes se sont déplacées pour entendre Madame Gagnon, dont la force du témoignage réside dans le fait que derrière l’auteur, la journaliste n’est jamais très loin. Elle a beaucoup rédigé d’articles sur le sujet, elle a pour cela rencontré des harcelés, des harceleurs, des parents, des psys, des professeurs, des directeurs d’école, bref, elle a réalisé le travail de fourmi qui précède l’écriture. Merci Madame Gagnon, vous avez éclairé ma lanterne sur le sujet et il est vrai que je vais me procurer votre bouquin.

Mais pardon de ne pas m’étendre plus sur ce sujet, ni sur vos propos. Car voyez-vous, ce que je retiens de cette rencontre, c’est le moment qui l’a précédé. Ce grand garçon surnommé « le grand slak », David Leduc de son vrai nom, slameur de son état, beau grand bonhomme un peu gauche qui demande un micro « parce que sans, il n’a pas l’habitude », et qui finalement décide de s’en passer et se lance. La voix est chaude, le verbe est juste, les mots frappent fort et atteignent la cible : en plein cœur en ce qui me concerne. David n’a jamais connu l’intimidation, mais son frère, oui. Il est humilié quotidiennement par d’autres plus sales, plus laids, plus ignobles. David aurait pu choisir de brandir les poings. Il a choisi la plume. Il a écrit au « je ». Il a raconté la douleur, la peur, le dégoût, mais aussi la certitude que l’adulte à naître dans  ce corps d’enfant maltraité est un type épatant, plein de ressources et bourré de talents.

Quand il a eu terminé, David est venu s’asseoir derrière moi. À la fin de la séance, je me suis tournée, mais il était parti… Bon, il me reste Google et il reste qu’une fois encore, les mots m’en ont mis plein la gueule. C’est ça Metropolis Bleu.

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