METROPOLIS BLEU : la nouvelle Europe 19/04/2012
Posted by closeille in Metropolis bleu.Tags: blanc, France, identité, Metropolis bleu, noir
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Quatre écrivains (il n’y en avait que trois, la colombienne Gabriel Vasquez ayant été retenue près de son père), débattent sur les bouleversements et la crise identitaire que traverse actuellement le vieux continent. C’est l’énoncé du programme. Et quel programme! Table ronde sur table rectangulaire, Eduardo Manet, délicieusement coquino-franco-latino encadré par deux femmes dont personnellement je veux surtout célébrer l’intelligence : Ananda Devi et Leonora Miano, respectivement Mauricienne et Camerounaise d’origine, toutes deux vivant en France.
La France, petite portion de l’Europe sur lesquels les caméras vont se braquer aux élections qui s’annoncent et qui laissent une partie de la population haletante et l’autre indifférente. Le paradoxe français. Un de plus. Comme celui qui veut que la crise identitaire y soit très présente, alors que s’il faut en croire nos panélistes, il n’en est rien ou du moins, ce n’est pas si pire. Me voici rassurée. J’ai pris personnellement une grande leçon d’optimisme et d’ouverture, moi qui ai fait preuve de jugement envers mes anciens compatriotes que je trouve de plus en plus xénophobes, si je me réfère aux propos entendus si souvent dans mon ancienne patrie. Tout changement entraîne la peur nous disent ces deux femmes. Et Eduardo Manet de surenchérir en nous parlant de Zadine, plutôt que de Zidane, l’enfant chéri du foot, autrement dit de la France entière (ou presque) et de Omar Sy, véritable coqueluche des français depuis son succès couronné d’un César pour son rôle dans le désormais film culte Intouchables.
C’est avec beaucoup de douceur que Leonora Miano, qui se prétend pourtant du pays des grandes gueules nous a dit que certes, elle préfèrerait « une France qui aurait plus d’aisance à accepter que sa mémoire ne soit pas toujours blanche », nous faisant sourire en évoquant l’image matinale, à l’heure du thé ou du café que l’on sucre, indifférents à l’utilisation commune et quotidienne de produits tous issus de métissage.
Que retenir de cette petite heure? Quelques mots dont ceux-ci que l’on doit encore à Madame Miano : « La crise d’identité n’est pas française ou européenne, elle est mondiale », « un homme cupide est un homme cupide, qu’il soit noir ou blanc » et je garde la meilleure pour la fin : « regarder l’autre, c’est regarder un bout de soi-même ».
Leonora Miano donnait un atelier d’écriture cet après-midi au festival. Je l’ai manqué, comme je vais manquer beaucoup trop d’autres évènements. C’est là le beau problème de Metropolis bleu : on ne peut pas être partout en même temps, mais on le voudrait bien!
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